Mardi soir, dans le cadre de la manifestation nationale « Lire en fête », Fabienne Guerineau, directrice de la bibliothèque, a proposé son premier café lecture de l'année. Au programme : le roman épistolaire de Kressmann Taylor, intitulé « Inconnu à cette adresse », mis en scène par la 'Compagnie du Noyau'.
Fabienne Guerineau, directrice de la bibliothèque de Luçon, a profité de l'évènement national « Lire en fête », organisé par le centre national du livre, pour donner rendez-vous mardi soir, aux amateurs de belles lettres. Ces derniers ont pu apprécier la performance des acteurs de la 'Compagnie du Noyau', Paul Barrotin et Sébastien Chevrier, qui ont mis en scène le roman « Inconnu à cette adresse », de l'écrivain américain Kressman Taylor.
Le romancier, de son vrai nom Katherine Taylor, a publié « Inconnue à cette adresse » en 1938. L'éditeur, jugeant le récit trop fort pour être écrit par une femme, l'oblige à adopter le pseudonyme plus masculin de Kressmann. Le texte d'une rare puissance n'a en effet pas laissé l'auditoire indifférent. Les trente spectateurs, tout en sirotant le thé, ont été pendant près d'une heure, plongés dans l'univers de l'américaine. « Les gens ont mis deux minutes avant d'applaudir », rapporte Fabienne Guerineau.
Les acteurs amateurs de la 'Compagnie du Noyau', stationnés à Fontenay le Comte, n'en sont pas à leur premier coup d'essai. Créée en 1981, la compagnie s'est vu décorée en novembre 2001, par le premier prix national du festival du théâtre amateur de Tours.
Ces derniers ont opté pour une mise en scène originale. Les tables des spectateurs, disposées en ovale, ont servi à délimiter le pourtour de la scène. Aux extrémités de celles-ci, les acteurs-metteurs en scène ont installé deux bureaux. « L'espace central symbolisait l'océan atlantique qui sépare les deux protagonistes du roman », explique un des acteurs. Sur les bureaux ont été disposés deux ménorahs, chandeliers à sept lampes des hébreux. Celui de Martin, interprété par Paul Barrotin, est éteint, à l'image de la raison allemande évanouie dans le nazisme ; le deuxième, allumé, symbole de la raison, éclaire le visage de Max, incarné par Sébastien Chevrier. Aux voix puissantes des acteurs, se superposent en fond sonore les discours d'Hitler et la musique de Wagner, le tout servi par un jeu de qualité. La directrice, satisfaite de la soirée, compte bien reproduire l'évènement.
Résumé d' « Inconnu à cette adresse. »
Martin Schulse, allemand et Max Einsenstein, juif américain, sont associés et tiennent une galerie d'art à San Francisco. Ce sont deux vrais amis, unis comme des frères. Au début des années trente, Martin souhaite rentrer en Allemagne. Ils commencent une relation épistolaire le 12 novembre 1932, qui s'achèvera le 3 mars 1934.
Les premières lettres sont chaleureuses. Puis en juillet 1933, Max exprime ses doutes et son malaise face à la situation politique en Allemagne. « Qui est ce Adolf Hitler qui semble en voie d'accéder au pouvoir en Allemagne? » Martin fasciné par le dictateur, répond à son ami juif et avoue un mélange d'admiration et de doute: « Il possède une force que seul peut avoir un grand orateur doublé d'un fanatique. » Un jour sa décision tombe, Martin adhère au nazisme. Une fracture irréversible se créée entre les deux hommes et Martin demande à son ami de stopper leur correspondance en déclarant: « Le juif est le bouc émissaire universel. » Max, médusé, demande à Martin d'aider sa petite soeur Griselle, actrice à Berlin. Quand les lettres que Max adresse à sa soeur lui reviennent, tout bascule. Max répondra au mal par le mal !
Rendez-vous: Vendredi soir, 20h30 à la bibliothèque municipale de Luçon, rencontre avec l'écrivain Karen Vidersan auteur de « L'ange oublié ».
Samedi toute la journée, porte ouverte et atelier reliure animé par le personnel de la bibliothèque.
Nicolas Pipelier
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