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À l'occasion de la sortie de King of the Boogie chez le label Music Avenue, retour sur le parcours qui mena vers la gloire celui qui, avec B.B. King et Muddy Waters, est l'un des plus célèbres représentants du blues noir américain de l'après-guerre.
Comme pour beaucoup de bluesmen, on ne connait pas la date de naissance exacte du maestro. Son anniversaire tombe le 22 août mais rien ne permet de trancher entre l'année 1917 et l'année 1921. Quoiqu'il en soit, John Lee né à Vance, Mississipi, est l'un des onze enfants d'un métayer du Delta qui mourra peu après sa naissance. C'est donc son beau-père Willie Moore, musicien de Shreveport, qui l'initie à un blues parcimonieux, note-à-note, dans lequel les syncopes (silences) jouent un rôle déterminant qui caractérisera le style guitaristique de l'artiste.
Memphis : « a long way from home »
John Lee quitte le domicile familial à 13 ans et voyage dans le delta du Mississipi notamment en compagnie de Tony Hollins (le créateur de Crawling Kingsnake et My first wife left me). Comme tant d'autres noirs américains fuyant la pauvreté pendant la crise des années trente, il finit par atterrir à Memphis, Tennesse, où il joue avec Robert Knightaw et B.B King.
« Like a lonesome hobo1 »
Memphis, surpeuplée par les musiciens de blues, se révèle une scène fort peu lucrative et John Lee Hooker chemine vers le Nord, suivant les rails du chemin de fer qui devait véhiculer tant d'afro-américains vers les nouvelles cités industrielles. Il arrive à Cincinnati en 1937 où il travaille comme gardien d'entrepôt, vidangeur de fosse d'aisance, veilleur de nuit... Dans le même temps il se fait progressivement une place dans les clubs de la ville.
Un créateur du blues électrique
En 1943, il se retrouve à Détroit (Michigan) attiré par les salaires de l'industrie automobile et s'impose rapidement dans les clubs de Hastings Street grâce à sa musique, mais aussi grâce à son physique fin et enjôleur qui le distingue des nombreux musiciens de talent qui restent mal fagotés et profondément campagnards. Le public noir de la ville -qui a tant souffert de la discrimination raciale- souhaite rompre avec ses origines rurales et le country blues (littéralement blues des campagnes) tombe progressivement en désuetude. John Lee Hooker, lui, utilise la guitare électrique et expérimente de nouvelles sonoriés. Seul ou en compagnie de Eddie Burns, Eddie Kirkland ou Andrew Dunham, il devient le principal bluesman de Détroit.
Le succès dès les premiers enregistrements
Avec le producteur Bernie Besman, il enregistre Sally Mae et surtout Boogie chillen qui deviennent immédiatement des "hits", ce qui décide le musicien à devenir professionnel. Son style lancinant, bercé par une rythmique au pied omniprésente -il fixe une capsule métallique à sa chaussure pour battre la mesure-, et son jeu fougeux le différencient de ses contemporains. Il renouvelle avec talent une musique profondément traditionnelle, grâce à cette fougue implacable mais maitrisée. Entre 1948 et 1954, il va enregistrer à Détroit une série de tubes : Hobo blues, Whistlin' and Moanin' blues ou I'm in the mood.
Une belle faculté d'adaptation
Ce style électrique et soliste est passé de mode mais John Lee Hooker va savoir saisir avec flair les opportunités qui se présentent à lui dans les années soixante. Il se rapproche du Boom folk des sixties et participe à la première tournée de l'Américan Folk Blues Festival en Europe. Il triomphe également à la radio et sur disque avec l'album Shake it baby. Enfin, il s'associe avec la vague du blues-rock californien qui naît à la fin de cette décénie. En 1970, à San Francisco (Californie), il enregistre avec le groupe Canned Heat, alors à l'apogée de sa gloire. Cet album, Hooker'n'Heat chez Liberty Records l'institutionnalise comme une des figures patriarcales du rock.
1. Hobo : travailleur manuel et vagabond qui, à la suite de la crise des années trente, voyage typiquement sur les trains de marchandises à la recherche d'un emploi dans les grandes villes ou dans les milieux ruraux à l'occasion des récoltes saisonnières.
King of the Boogie est une compilation des plus célébres morceaux du bluesman John Lee Hooker, centrée sur la période 1948-1953. Ce "Best of" propose deux CD regroupants 40 titres parmi les meilleurs du maître, tels que Boogie Chillen, Hobo Blues, Hello Baby ou l'incontournable Boom Boom. Pour les mordus du genre auxquels il manquerait encore les "riffs" du Roi du boogie, cette selection fort bien réalisée s'annonce comme un achat de premier choix.
Label : Music Avenue
(Distribué en France par Dam Music)
Site Internet : www.dammusic.fr
Tél : 01 60 65 31 00
Prix conseillé : autour de 25 euros
Jonathan Nicolas
Publié par deesjournalisme à 22:16:53 dans Culture & Médias | Commentaires (0) | Permaliens
Véronique Courjault, 38 ans, a avoué hier avoir congelé ses deux enfants à Séoul (Corée du Sud), et évoque même un troisième infaticide. Incarcérée hier soir, elle disculpe toujours son mari, remis en liberté surveillée aujourd'hui.
Véronique Courjault a passé sa première nuit en prison. Elle a avoué hier soir avoir tué ses deux enfants en les congelant, et parle d'un troisième infanticide, qui remonterait à 1999. Elle a immédiatement disculpé son mari, Jean Louis Courjault, qui ne savait apparemment pas qu'elle était enceinte. Mis en examen hier, il a d'ailleurs été remis en liberté surveillée aujourd'hui. Il s'est pour l'instant refusé à tout commentaire.
L'histoire a commencé le 23 juillet dernier à Séoul, capitale de Corée du Sud, lorsque Jean-Louis Courjault, son mari, a découvert deux bébés morts dans son propre congélateur et prévenu la police. Le couple dément connaître l'existence de ces bébés et nie tout lien de parenté. On connaît depuis mardi les résultats d'ananlyse ADN qui sont formels : M. et Mme Courjault sont bien les parents des deux enfants retrouvés congelés.
Pourtant les époux on continué de nier les accusations qui portaient sur eux, jusqu'à hier midi et la déclaration de Véronique Courjault. Elle a avoué avoir accouché de ces deux bébés, mais a réfuté l'hypothèse qu'ils soient jumeaux. Elle a admis les avoir congelé et avoue le meurtre d'un troisième enfant en 1999. Des analyses sont en cours et l'enquête continue pour éclaircir la piste du troisième enfant.
Cette affaire semble loin d'être résolue et pourrait connaître de nouveaux rebondissements dans les jours à venir.
Camille Allain
Publié par deesjournalisme à 17:16:56 dans France | Commentaires (0) | Permaliens
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