L'industriel québecois Bombardier, constructeur de pointe dans les domaines aéronautique et ferroviaire, a été officiellement choisi aujourd'hui par la SNCF et la région Ile de France pour construire les futurs trains de banlieue parisiens.
C'est la « commande du siècle » selon Jean-Paul Huchon, député socialiste de la région Ile-de-France. Le groupe québecois Bombardier, spécialisé dans la construction aéronautique et ferroviaire, s'est vu confirmer aujourd'hui la commande de 172 rames destinées à équiper le réseau Transilien d'ici à fin 2009. Le député PS a justifié le choix de Bombardier par « le tarif sensiblement inférieur aux autres » et par « la fiabilité sans doute plus grande ». L'entreprise de Montréal décroche ainsi un contrat de près de trois milliards de dollars, assorti d'une clause d'extension pour 200 rames supplémentaires qui devraient être livrées à partir de 2016. Jean-Paul Huchon a assuré que la totalité du matériel sera fabriqué en France ; en l'occurrence, c'est l'usine Bombardier de Crespin près de Valenciennes, seule adaptée à la construction de rames automotrices, qui sera sollicitée.
Le groupe québecois sort ainsi vainqueur d'un appel d'offres engagé en février 2004, et dans lequel s'opposaient également l'allemand Siemens et le français Alstom. Ce dernier, jusqu'alors le fournisseur attitré de la SNCF, se voit écarté d'un contrat juteux mais pourrait tout de même participer au chantier du nouveau Transilien. « Les usines d'Alstom auront elles aussi leur partie du marché et du travail », a précisé aujourd'hui Jean-Paul Huchon. Le choix d'un constructeur étranger ne manque toutefois pas d'alarmer les experts : « Il est paradoxal qu'au moment où Jacques Chirac est en Chine pour essayer notamment de soutenir le ferroviaire, l'opérateur public français fasse le choix d'un constructeur étranger », a souligné un spécialiste du secteur pour le journal le Monde.
Guillaume Steuer
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