« Nous sommes très inquiets » affirmait hier soir le Nantais Pierre-Henri Coat, « surtout pour le site de Toulouse. » Le retard de livraison de l'A380 annoncé a engendré un plan de restructuration, ordonné par la maison mère d'Airbus, EADS (European Aeronautic Defence and Space Company) . L'inquiétude des salariés, sous-traitants et intérimaires semble justifiée. Aucune information sur les suppressions d'emplois n'a encore été divulguée. De plus, l'Etat Français n'a fait aucune déclaration concernant les difficultés d'Airbus, dont il est actionnaire.
Le site de Toulouse, qui compte environ 11 000 salariés et plus de 6 000 salariés sous-traitants, sera durement touché, puisque la région toulousaine accueille la ligne d'assemblage de l'A380. Les collectivités locales ont immédiatement réagi en appelant à une mobilisation générale afin d'apporter un soutien rapide aux entreprises sous-traitantes.
Le président de la région, Martin Lavy (PS) a déclaré « Il y a des menaces lourdes de conséquences pour le tissu indsutriel et l'emploi dans de nombreuses régions françaises, et en premier lieu en Midi Pyrénées. » Plus optimiste, Bernard Keller, maire de Blagnac, où est implantée l'usine d'assemblage de l'A380, préfère évoquer le carnet de commandes bien rempli d'Airbus pour 2007 et 2008.
A l'usine de Nantes, qui travaille en étroite collaboration avec le site de St Nazaire, l'annonce d'une éventuelle mise en vente de l'usine ne rassure personne. En effet, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs a conseillé la vente de l'usine nantaise, ce qui n'a pas été démenti par Christian Streiff, le PDG d'Airbus.
Les syndicalistes et experts d'Airbus rappellent tout de même l'importance du site nantais, où l'on fabrique le caisson, pièce stratégique sur laquelle se fixent les ailes. Ils assurent que la technologie et les compétences nécessaires ne pourront pas être transmises à une autre entreprise.
Le ministre des transports, Dominique Perben, a annoncé qu'il rencontrerait les représentants syndicaux dans les prochains jours, peut-être le moyen pour les salariés d'Airbus Nantes et Airbus Toulouse d'être fixés sur le nombre de suppressions d'emplois et sur l'avenir de leur entreprise.
Camille Allain