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L'Europe part en guerre anti-alcoolisme, mais pas anti-alcool

La Commission Européenne à la Santé cherche à limiter les méfaits de la consommation abusive d'alcool, notamment auprès des jeunes, mais ne tient pas à entrer en conflit avec les professionnels de l'alcool.

Combattre l'alcoolisme, oui, mais pas l'alcool. C'est le message délivré hier mardi par la Commission Européenne qui tient à rassurer, par la voix de Philip Tod, porte-parole du commissaire européen à la santé et à la protection du consommateur : « Nous n'établissons aucune comparaison entre l'alcool et le tabac, comme cela est parfois dit par l'industrie de l'alcool. Le tabac tue, il n'y a pas de niveau de consommation saine du tabac. Tandis qu'avec l'alcool, il ne s'agit pas de cibler la consommation, mais son abus. »
Pas question donc d'interdire la publicité pour l'alcool dans les pays de l'Union. Oublié le projet de messages d'avertissement sur les bouteilles comme on peut le voir de l'autre côté de l'Atlantique, ou sur les paquets de cigarettes. La Commission table plutôt sur un échange de bonnes pratiques entre les pays de l'Union, par exemple des restrictions de la publicité à destination des jeunes, et une tolérance zéro pour les plus jeunes conducteurs, les autres étant limités à 0,5 grammes par litre de sang.
En Europe, chez les 12-25 ans, un quart des décès est lié à une consommation excessive d'alcool. Si la Commission avait un temps pensé à limiter explicitement l'âge minimal d'achat d'alcool, elle a depuis changé de cap, laissant le choix de leur orientation aux gouvernements. En ce sens elle se rapproche des doléances des industriels, même si elle n'a pas hésité à accuser ces derniers de pratiquer un « lobbying de désinformation ».
L'alcoolisme est un réel problème de société. Un accident de la route sur quatre et 16% des cas de maltraitance d'enfants sont liés à une consommation excessive d'alcool. L'absorption d'alcool pendant la grossesse peut aussi être la cause d'un endommagement du développement du cerveau du fœtus, avec des déficiences intellectuelles qui peuvent apparaître plus tard pendant l'enfance.
Par ailleurs, la France a décidé de son côté de mettre en place des messages destinés aux futures mères, concernant les méfaits de cet alcoolisme sur leur future progéniture.


Benjamin Haller

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